Un pas en arrière, deux pas en avant.

Partagez l'article sur :
Temps de lecture — 2 minutes.

Chaque soir, avant de mettre notre fils au lit, nous jouons tous les trois à un jeu de société. Ce qui n’était qu’une activité ludique s’est transformé, au fil des mois, en un véritable rituel familial. Younès vient tout juste de fêter ses quatre ans. Alors, chaque partie nous offre la possibilité de lui apprendre les bases du calcul mental, de la patience et la compétitivité. Il y a un jeu en particulier qui semble avoir toute son estime. Celui auquel il ne perd (presque) jamais.

 

Il a lui-même choisi de l’appeler ‘Barbecue’. C’est un carré divisé en cinquante cases, au cours duquel chacun des joueurs avance son pion après avoir lancé le dé. Pour pimenter le tout, il y a certaines cases spéciales qui permettent de faire un bond en avant spectaculaire. Alors que d’autres renvoient le joueur vers les abysses du jeu, dont il est quasiment impossible de se sortir.

 

Ce rituel, c’est un véritable ascenseur émotionnel qui réveille le mauvais perdant qui sommeille en chacun de nous.

 

Hier, Younès est celui qui domine les débats. Comme à chaque fois. Il n’est qu’à quelques coups d’asseoir encore un peu plus son hégémonie. Contre toutes attentes, il tombe sur une case qui condamne sa progression. Son visage ne laisse pourtant transparaître aucune déception. Il paraît presque soulagé de l’adversité proposée par le jeu dont nous sommes, nous parents, incapables de lui offrir.

 

Puis, vient à nouveau son tour de lancer le dé. Nous, nous sommes concentrés sur la bataille qui fait rage à quelques encablures de la case victorieuse. Lorsque le chiffre quatre apparait, il déplace son pion et atteint une autre case magique qui le propulse, seul, vers la victoire. Euphorique, il saute de sa chaise et court célébrer en glissant au sol sur ses genoux sous nos applaudissements.

 

En observant à la scène, j’y ai vu une métaphore.

 

La façon dont on réagit face à un revers détermine notre capacité à rebondir. Foncer tête baissée n’est pas toujours la meilleure solution. Les obstacles qui s’érigent sur notre chemin sont là pour une bonne raison. Devoir reculer ou ralentir n’est pas synonyme d’échec.  Au contraire. C’est l’opportunité de prendre de la distance pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné pour rectifier le tir. Tout comme on ne peut pas allumer un feu en plein orage, il faut parfois faire preuve de patience. Alors accepter de faire un pas en arrière peut ensuite nous en assurer deux vers l’avant. Surtout, n’oubliez pas de célébrer les petites comme les grandes victoires.

 

Wissame



Puisque, « sharing is caring » :



v4Arrow-Dots-Newsletter

Un email court par mois pour les plus curieux d’entre vous.