Le confinement, une opportunité ?

Certains de mes proches m’ont partagé leurs difficultés à vivre le confinement et les différentes restrictions de déplacements auxquelles nous faisons tous face. Vivants au rythme des annonces gouvernementales, ils sont ballotés d’un côté à l’autre d’un navire en perdition, prisonniers d’une tempête qui semble ne pas vouloir laisser place aux éclaircis.

Au lieu de revenir sur les différents évènements de l’année passée – ou actuels – qui nous ont menés à la situation dans laquelle nous sommes, je voudrais parler de l’aspect psychologique du confinement. 

Pour beaucoup, les restrictions de déplacement ont un impact important sur l’aspect psychologique. Vous savez cet aspect que nous, les hommes, mettons de côté sans cesse.

Pourtant, les hommes sont ceux qui paraissent vivre le confinement et les couvre-feux le plus durement psychologiquement. La faute, certainement, à une éducation des garçons qui prônent l’invincibilité – symbole de l’homme fort, moderne – sur l’expression de la fragilité – qui semble impossible de lier à l’image de l’homme invincible. C’est donc en suivant ce schéma que nous avons appris à mettre de côté ce qui nous dérange pour faire de la place à ce qui nous arrange.

 

Le confinement a été un catalyseur d’émotions. 

Il a révélé les différents systèmes fonctionnels et réactionnels de chacun, pointant du doigt nos vulnérabilités les plus ancrées. Surtout, il nous met face à une réalité dont nous ignorions parfois l’existence ou que nous avions tenter de fuir.

Il nous a forcés à passer du temps avec les autres. Ces autres, ce sont les personnes qui partagent nos vies mais dont on ne sait pas grand-chose finalement. 

C’est vrai après tout, ce n’est pas en passant 9 à 10 heures au travail qu’on peut affirmer connaitre sa partenaire, ses enfants ou ses colocataires. Alors bien sûr, comment ne pas penser aux personnes victimes de la folie de leurs proches. Des femmes et des hommes battus, en passant par des enfants victimes de parents toxiques. Que se passe-t-il lorsque le bourreau et sa victime sont forcés à cohabiter ?

Avec les autres, certes mais il semble que, passer du temps avec soi-même est tout autant difficile. 

 

L’opportunité de se déconfiner mentalement.

Beaucoup fuient leurs vulnérabilités et leurs traumatismes par le travail, par une vie sociale archi comblée et une utilisation des réseaux sociaux comme distraction. De nombreuses personnes ont dû apprendre à passer du temps avec elles-mêmes.

Pour moi, les confinements que nous avons vécus et ceux auxquels nous allons peut-être faire face à nouveau, sont en réalité des possibilités de prendre conscience de nos maux et d’agir. 

Quand avez-vous pris soin de vous pour la dernière fois ?

Peut-être que ces confinements sont l’occasion d’entamer un travail sur soi-même. Une sorte d’introspection. De nombreux articles sur le net reviennent sur les techniques qui peuvent vous aider à en entamer une. Ici, je voudrais vous parler d’un concept développé par Nassim Nicholas Taleb qui s’intitule “L’antifragilité”.

 

L’antifragilité, c’est quoi au juste.

Nassim Taleb fait la distinction entre 4 types de systèmes :

— Le système fragile, qui craint l’imprévu et en subit les effets passivement.

— Le système robuste, qui n’est pas du tout affecté par l’imprévu.

— Le système résilient, qui résiste à l’imprévu mais reprend sa forme initiale.

— Le système antifragile, qui profite de l’imprévu en se renforçant de lui-même.

En devenant antifragile, il nous est possible d’utiliser le stress ambiant comme carburant de notre transformation personnelle. Pour illustrer le concept d’antifragilité, l’image de l’hydre à laquelle on coupe une tête et deux repoussent aussitôt, est souvent utilisée.

 

Alors, comment devient-on antifragile ?

Nous sommes tous antifragiles par nature. Notre corps en est d’ailleurs la preuve vivante. Par exemple, en période de jeûne il sécrète des hormones qui nous rendent plus forts et mentalement plus vifs. Le corps active un mécanisme d’autophagie, une sorte de recyclage cellulaire, par lequel il va se nourrir de l’intérieur. Il se renforce donc dans l’adversité et il fait cela de lui-même. Maintenant, comment devenir antifragile ? 

Vous pouvez renouer avec votre antifragilité en :

  • Repensant la notion d’ordre et de désordre. Le désordre peut renforcer un système, tandis que l’ordre peut l’affaiblir.
  • Pratiquant le détachement face à des situations que vous ne pouvez pas contrôler.
  • Privilégiant la pratique versus la théorie et en se confrontant quotidiennement à de petites doses de stress.
  • N’ayant pas peur de commettre des erreurs, elles sont essentielles pour apprendre et s’améliorer. 
  • Réservant des moments de relâchement pour laisser de la place à l’imprévu.
  • Soustrayant tous les éléments qui vous fragilisent (personnes, objets, habitudes, etc.)
  • Développant la polyvalence.

 

J’en ai parlé en détail dans un email pour ceux qui veulent creuser le sujet. 

Pour entamer un travail sur soi-même, je recommande vivement l’écriture. C’est un moyen de mettre des mots sur des maux, tout en nous permettant d’analyser ces traumatismes qui peuvent parfois remonter à l’enfance avant de resurgir sans prévenir. 

Aussi, le Bullet Journal semble être le bon compromis entre un calendrier, un journal intime et un journal servant à définir ses objectifs. Et vous, comment vivez-vous les confinements ?


Wissame

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