L’obésité des émotions qui nous menace

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Les chiffres dont on dit qu’ils n’aiment pas le mensonge sont édifiants ; en France, pas moins de quinze millions de personnes adultes sont en surpoids, soit près de 33% de la population adulte dont 17% considérés obèses. Le modèle américain qui semble nous donner des mauvaises idées est lui entré dans une autre dimension tant les chiffres sont apocalyptique ; près de 40% de la population adulte aux États-Unis est en obésité dont 9% classés en obésité sévère dite morbide ; elle est aussi un fléau qui touche 14% des enfants entre 2 et 5 ans et 21% des adolescents.

 

C’est déconcertant. La fiction racontée dans le film d’animation Wall-E semble rattraper la réalité, le transformant en un film d’anticipation si on ne fait rien. Ces chiffres me provoquent des migraines. Pourtant, la seule effervescence qui peut y mettre fin est celle de notre prise de conscience. Chaque année, en France, le secteur de l’agro-alimentaire pèse, à quelques centimes près, 130 milliards de plus que vous et moi dans la balance. Rien que ça.

 

Alors on peut facilement imaginer que ceux qui mangent le plus dans cette histoire, ce ne sont pas les personnes qui souffrent des conséquences de leurs mauvaises habitudes alimentaires, mais bien ceux qui l’alimentent. Oui, il est facile d’accuser les géants de la grande distribution, des grandes marques qui agissent comme un rouleau compresseur avec leurs campagnes de marketing. Il semble plus judicieux de se demander ce que l’on peut changer, à notre échelle et avec nos armes.

 

L’obésité est une conséquence qui intervient en bout de chaîne. Il faut en remonter chacun des maillons pour comprendre l’origine de ces comportements troubles. Car porter de la malbouffe à sa bouche est l’expression d’un mal être profond. Tellement profond qu’on l’appelle trouble de l’alimentation.

 

J’ai moi-même été pris dans ce tourbillon pendant de longues années jusqu’à en payer le prix ultime. En analysant les sept années qui m’ont vu passer de 89 kilos à 125 kilos, puis celles qui ont précédé cette période faste complètement dantesque, je me suis rendu compte que je me tournais vers la malbouffe pour combler une non-gestion de mes émotions. On cherche le réconfort dans cette nourriture comme on se tourne vers un ami pour lui confier ses malheurs.

 

Les chiffres se sont bousculés d’abord par deux sur la balance. Puis par trois. Je me pensais grand, fort et invincible alors que j’étais tombé dans les basfonds d’une obésité de catégorie I. Il a fallu dès lors reprendre en main un corps que j’avais lâchement abandonné, et un muscle mental qui avait besoin de se renforcer.

 

Il est de notre devoir de trouver un moyen de s’attacher aux mâts de nos bateaux pour ne pas répondre à l’appel de ces sirènes si persuasives. À nous d’inverser la tendance pour que les courbes finissent par chuter. Car dans le cas contraire, nous irons droit dans le mur, c’est désormais une certitude.

 

Wissame



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