Le clin d’oeil de l’éclipse.

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Le monde entier est en ébullition. Nous allons assister dans quelques instants à un phénomène naturel majestueux qui va nous plonger dans l’obscurité en plein milieu de la journée. Les experts qui défilent sur les plateaux télés depuis des semaines, expliquent tous que l’éclipse totale du soleil, dont nous allons être témoins le 11 août 1999, est un cadeau qui ne s’est pas présenté depuis 1961.

 

Moi, je vais bientôt souffler les bougies de mon onzième anniversaire et l’ébullition autour de cet évènement semble avoir piqué ma curiosité. Je passe alors les vacances d’été avec mes grand-parents maternels, dans le nord de la France. Dans ce petit village de moins de quatre-cents habitants. Depuis des semaines tout le monde ne parle que de ce phénomène rarissime que certains n’auront pas la chance d’observer à cause de conditions météorologiques peu favorables. Ici, le soleil brille. Pas un nuage dans le ciel. Je suis donc aux premières loges.

 

Puis, il y a ceux qui en parlent avec inquiétude, voire angoisse. De nombreuses personnes, dont un couturier espagnol, surfent sur la vague pessimiste pour annoncer la fin du monde et rassembler quelques convaincus, semant le doute dans la tête de beaucoup. À part lire mon horoscope dans le programme télé hebdomadaire, je n’ai aucune expérience dans le domaine, mais toutes ces discussions et ces controverses autour de ce moment historique me fascinent au plus haut point.

 

Il est passé midi lorsque, la France entière a les yeux rivés vers le ciel, armés de lunettes en carton spécialement conçues pour l’occasion. Je me souviens encore de la lumière diminuant progressivement dans le jardin provoquant un souffle silencieux. 

 

Ce spectacle, je l’observe pourtant depuis une petite fenêtre de l’escalier. Ma grand-mère avait bien suivi toutes les conversations de scientifiques et elle savait que regarder cette éclipse sans protection pourrait me conduire à des lésions irréversibles. Alors pour éviter les risques, je ne pourrais pas y assister dehors, comme tout le monde.

 

Assis sur les marches avec mes lunettes en carton sur le nez, je suis le témoin de ce spectacle grandiose de très courte durée. Sept minutes durant lesquelles le temps s’est arrêté. Plus un chant d’oiseau, le silence de la nuit prend le pouvoir sur le fracas du jour. Sept minutes qui paraissent quelques secondes. Pourtant, je suis conscient d’avoir été témoin d’un moment historique rare, depuis cette petite lucarne de l’escalier. Aujourd’hui nous fêtons le vingt-deuxième anniversaire de ce souvenir impérissable. J’espère que cet article a pu replonger les plus anciens d’entre vous dans de beaux souvenirs.

 

Wissame



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