La mesure du changement.

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Il paraît qu’une photo vaut mille mots. Pourtant, des mots, je n’en n’avais plus lorsque je suis tombé nez à nez avec l’une d’entre elles sur le téléphone de ma mère, hier après-midi. Je suis resté aphone devant ce cliché datant de mars 2017, pris quelques heures après mon ablation du testicule gauche, alors devenu une boule de tumeur prête à semer la mort. Sur cette photo, on y voit un jeune homme éreinté, obèse, installé au bord de son lit en pyjama. Il fixe l’objectif de la caméra, le regard vide, alors que des poches de kangourou sont logées sous ses yeux. Je ne me reconnais pas. Si bien que pendant de longues secondes j’ai cru qu’il s’agissait d’un étranger. Des photos de cette époque, j’en garde quelques-unes, sur mon téléphone, pour me rappeler le chemin parcouru. Nous avons une tendance à oublier avec le temps. Alors, pour ne pas replonger un jour, je les parcours de temps à autre. Mais celle-ci est d’un autre niveau. Cet homme sur la photo, c’est bien moi. Mon ancien moi. Ma femme non plus ne m’a pas reconnu. Ni mon fils. Ni mes propres parents. 

 

Une photo fige un instant de vie. Elle permet de quantifier les signes extérieurs de longévité, les rides, ce marqueur temporel des années qui filent comme des étoiles. Mais cette photo-ci est très particulière : elle me permet de quantifier la honte. Quelle honte d’avoir laissé mon corps sans défense, de lui avoir manqué de respect au point qu’il se retrouve assiégé par des cellules qui voulaient sa peau. Comme une lame à double tranchant, cette photo me permet également de mesurer les progrès réalisés lors de ces cinq dernières années. L’homme sur cette photo n’existe plus. Physiquement, mais aussi mentalement. Elle est la preuve qu’on peut se modeler comme de la pâte, que tout est possible avec du travail, du temps, de la bienveillance, de la franchise envers soi-même, de la responsabilisation, de la résistance à la souffrance et de la discipline.  

 

En ce début de nouvelle année, je me souhaite de continuer sur la lancée des cinq dernières, de respecter mes engagements avec moi-même, de continuer à prioriser ma santé et celle de mes proches sur le reste. L’objectif est simple : avant quarante ans, je veux être dans une meilleure forme physique et mentale que lorsque j’en avais vingt. Le pari est lancé. Abandonner reviendrait à s’abandonner une deuxième fois. Impossible.

 

Wissame



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