Trente-trois bougies qui partent en fumée.

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Nous sommes nombreux à refuser la célébration de nos propres anniversaires. Comme s’il s’agissait d’un rendez-vous à oublier, d’une date aussi banale que les trois-cent-soixante-quatre autres d’une année insaisissable, sur avance rapide. Banal, ce jour l’est à nos yeux. Mais pas au regard de ceux qui perçoivent ce moment comme la définition même de la singularité ; ceux qui nous ont vu naître et qui ont appris à nos côtés : nos parents.

 

Ils n’ont bien souvent pas les mots pour exprimer l’infinité de leur émotion, dont seuls les yeux incandescents, dissimulés derrière un voile de pudeur, traduisent l’intensité de leurs voyages intérieurs. L’anniversaire représente bien plus que le passage des années, tant il est lui-même marqué par les rides qui se creusent sur nos visages, et qui défigurent la vieillesse dans un compte à rebours inarrêtable. Pour saisir l’importance de ce jour si particulier, il faut certainement être de ceux qui, piqués par ce doux venin, tombent pour « Le célébré » d’un amour si invariable qu’il n’impose aucune condition.

 

L’année qui revient est celle qui presse le marc de l’anxiété des parents nouveaux ; ce cru qui prend de l’âge et de la valeur avec les années, que confère l’expérience, si bouleversante, de celle que l’on nomme « parentalité ». C’est un évènement insaisissable qui ralentit le temps et accélère les doutes. Parfois dans un ordre inversé qui ne répond plus à aucune règle. Ce jour représente le bonheur ultime de la transmigration familiale ; la matérialisation de ces liens mystérieux parfois si manifestes dont le chamboulement est si déroutant qu’on prie, toute sa vie, pour ne jamais s’en remettre.

 

J’éprouve bien des difficultés à affaiblir d’un seul souffle les bougies aveuglantes qui se dressent fièrement devant moi. Mes yeux, scellés, repassent les années en retour rapide comme pour se remémorer la valeur du temps qui passe à toute allure. Aujourd’hui, je gonfle mes poumons pour souffler sur trente-trois ans de questionnements qui mènent, lentement, à des réponses existentielles. L’une d’entre elles m’indique que mon existence est tout sauf banale. Tout comme la vôtre. Cela mérite bien une piqûre de rappel annuelle, n’est-ce pas ?

 

La tradition veut que l’on promette sans trop s’engager. Alors je me souhaite la santé, avant toute chose, car elle est le métronome qui rythme nos vies, devenant de fait le curseur qui dicte les bonnes comme les mauvaises fortunes. Sans elle l’harmonie est impossible. Puis le reste suivra, si Dieu le veut.

 

Wissame. 



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