Se reconstruire.

Partagez l'article sur :
Temps de lecture — 2 minutes.

Dans l’un des épisodes de la série “1883” sur l’épopée d’une famille de pionniers américains, le convoi est touché par le fracas d’un ouragan. Les protagonistes sont alors en transit dans les plaines désertiques du grand-ouest, dans l’impossibilité de protéger leur biens et leurs familles, défaits. Les éléments se déchainent. Quelques-uns d’entre eux, dans un élan de courage et de lucidité, vont parvenir à se réfugier sur le versant d’une colline, recroquevillés, dans l’impuissance la plus totale. Puis le calme. La tempête poursuit son chemin tandis que le ciel reprend des couleurs. Il est temps de prendre la mesure de l’ampleur des dégâts. La quasi-totalité des chariots qui les transportaient ont été fracassés par la force de la tempête. Leurs affaires sont éparpillées sur des centaines de mètres. Alors, heureux de se savoir en vie, ils s’organisent pour rassembler leurs affaires, tandis que les leaders du groupe ramassent des morceaux encore utilisables des véhicules endommagés, pour tenter de réparer ceux qui vont leur permettre de poursuivre leur chemin. C’est un grand classique du cinéma : la survie à la destruction force à la reconstruction. De manière plus personnelle, j’y vois une métaphore du combat face à la maladie, ou de toute expérience dévastatrice vécue par quiconque.


La maladie à ce pouvoir violent de faire tomber toutes nos constructions imaginaires les unes après les autres, de faire voler en éclat notre impression d’invincibilité et nos systèmes de fonctionnement. La maladie est un sérum de vérité si puissant qu’il ne laisse la place qu’à deux réactions : la complaisance ou l’action. Je ne peux parler que de ce que je connais et de ce que j’ai vécu. L’impuissance est le sentiment qui m’a dominé durant la majeure partie de mes traitements. Alors, il faut trouver refuge là où on le peut. Comme on le peut. Elle force à tout mettre en pause et provoque une conversation franche et inévitable avec nous-même. Une conversation capitale pour pouvoir se reconstruire. 

Il y a une donnée certaine : après chaque tempête, le calme reprend ses droits. La tempête n’est que passagère, et par définition elle n’est pas une constante prévisible. Le moment de calme est celui propice à la reconstruction. Comme après le passage de cet ouragan dans la série “1883”, il faut faire l’état des lieux de son corps, ramasser les débris qui jonchent le sol et récupérer ce qui peut être réutilisé afin de solidifier son véhicule. Mais il me semble que la base de notre reconstruction soit en réalité interne. Même si elle peut dépendre de facteurs extérieurs, elle nous est propre. Elle nous appartient. La reconstruction commence à l’intérieur de nous-mêmes, par un choix fort qui mène à l’action. Et en grattant un peu plus en profondeur vers notre intérieur, il se pourrait bien que nous decouvrions que l’origine de cette tempête n’est pas liée à des facteurs extérieurs incontrôlables, mais qu’elle est bien plus personnelle qu’on le croit.

Wissame

Puisque, « sharing is caring » :

Wissame
Wissame

Wissame Cherfi est un producteur, réalisateur, podcasteur et auteur avec une expertise de + 10 ans dans le domaine de la production audiovisuelle. Dix années qu'il met à profit désormais en tant que Consultant Créatif Freelance en aidant ses clients sur tout types de projets créatifs. « La musique qui vient de mon cœur » (2022) est son premier livre.

Publications: 76