Mon père m’a raconté une histoire qui a changé ma vie.

Certaines histoires vous touchent plus que d’autres. Est-ce grâce ou à cause de celui qui vous la raconte ? Est-ce que ce sont grâce ou à cause des mots choisis ? N’est-ce qu’une histoire de timing ?

Avant de vous raconter cette histoire, il me faut certainement vous éclairer du contexte. C’était en 2005, une après midi d’Avril, j’avais alors 17 ans. Nous étions mon père et moi en voiture, nous allions dans un magasins de fruits et légumes pour y acheter des douceurs de saison. Je me souviens encore à ce jour, en écrivant ces lignes, de l’endroit exact ou sortirent les premiers mots de cette histoire de la bouche de mon père. Nous roulions et venions de passer le Lycée François Truffaut de Beauvais. 

 

Mon père et moi passions énormément de temps ensemble et ce depuis mon plus jeune âge. Pour être vraiment franc, il m’emmenait partout en voiture, juste histoire de rouler parfois ou alors pour voir les avions, voir des matchs de football. Chaque occasion était la bienvenue pour passer du temps ensemble. Au fil des années j’avais grandit et je passais donc plus de temps avec mon cercle d’amis, délaissant nos sorties rituelles pour celles avec des “gars de mon âge”.

 

Bonne lecture.

 

 

Sur les doigts d’une main.

 

 

On raconte qu’un fils, rentrait tous les jours à la maison et racontait à sa famille les exploits qu’il venait d’accomplir avec ses amis
Chaque jour, il se pavanait d’avoir énormément d’amis, tellement d’amis qu’il se savait apprécié de tous. 
Chaque jour, lors des repas familiaux, il racontait ses histoires qui captivaient tous les membres de la famille attablé.

 

Un jour, son papa se trouvait en bout de table et alors qu’il l‘observait une énième fois raconter ses histoires rocambolesques le mettant en scène lui et ses amis, le père lui demanda.

 

— Dis moi fils, est-ce que tu penses vraiment que tous, sont tes amis?
 — Bien sur, je te le garanti !
 — Comment peux-tu en être aussi sur ?
 — Ils sont là pour moi, quoi qu’il m’arrive. J’en suis persuadé. Ils me l’ont dit.

 

Le repas se prolongeait, rythmé par les histoires du fils. Il faut dire qu’il savait les raconter, il mettait beaucoup de vie et d’émotions. Il savait captiver son public.

 

Un jour très tôt, le fils est réveillé en pleine nuit. Lorsqu’il ouvre les yeux, il découvre son père apeuré, qui lui demande de s’habiller vite et de le suivre. 
Lorsque le fils demande ce qu’il se passe, le père lui demande de rester discret et de le suivre vite sans dire un mot. Le fils s’habilla rapidement, pris les clés de sa voiture et ils partirent dans la nuit de l‘appartement familiale sans faire de bruit.

Lorsqu’ils sont tous les deux dans la voiture, un silence de mort règne. Ni le père ni le fils ne parlent. Seul le père assis sur le siège passager donne des indications sur la direction à prendre.

À plusieurs reprises le fils tente de lancer la conversation pour savoir ce qu’il se passe. Son père est tourmenté, il semble vidé de son âme.

— Papa que se passe-t-il ?
 — Roule mon fils, ne dis rien. S’il te plait.
 — Mais où va-t-on ? J’ai le droit de savoir.
 — Roule, tu comprendras une fois sur place.

 

Le père demande au fils de se garer sur le bas côté et d’éteindre ses feux. Le fils regarde par le pare-brise et reconnaît le jardin collectif ou son père l’emmenait tant lorsqu’il était plus jeune. Il n’avait pas de maison, il vivait lui et ses six frères et soeur dans un petit appartement. C’était l’occasion pour eux de voir la terre, les plantes, les fruits et la verdure. C’était un endroit qu’il appréciait lorsqu’il était gamin.

 

— Pourquoi est-ce que tu m’emmène au jardin en plein milieu de la nuit ?
 — S’il te plait, ne pose pas de questions. Viens et suis moi.

 

Le père sort de la voiture, le fils le rejoint quelques secondes plus tard, il suit son père à quelques mètres derrière en direction du cabanon familial. Il passent devant tous les jardins des autres membres du terrain communal, tous deux marchent en silence. On n’entend que le bruit de leur pas sur le sol.

 

Une fois arrivé au cabanon, le père entre la clé dans la serrure et ouvre la porte. Il demande à son fils de rentrer rapidement avant de refermer la porte derrière lui, puis, il allume la petite lumière d’appoint.

Lorsque la lumière s’allume, le père s’arrête près d’un sac poubelle noir jonché sur le sol.

 

— Papa, ça suffit, dis moi ce qu’on fait ici !
 — Écoute, je ne voulais pas te le dire avant d’arriver pour pas que tu ne prennes peur.
 — Arrête ton suspense à deux balles, dis moi ce qu’on fait ici !

 

Le père regarde son fils sans dire un mot, soupire puis baisse la tête. Il pointe du doigt le sac sur le sol et dit à la manière d’un enfant.

 

— Dans ce sac, il y a… J’ai… Écoute, ne.. ne panique pas s’il te plaît. Dans ce sac il y a le…, il déglutit avant de reprendre, le corps du voisin, tu sais celui à l’entrée du jardin.
 — Quoi? répond le fils qui semble complètement désorienté et choqué.
 — Tu sais, celui qui avait arraché mes pieds de tomates l’an dernier.
 — Qu’est-ce que tu me racontes ? répond le fils désemparé.
 — Lui et moi avons eu une embrouille. On en est… on en est venu aux main et je l’ai…, le père marque un léger silence.
 — Et tu l’as quoi, papa ? dit le fils en fronçant les sourcils.
 — Je l’ai… tout s’est passé si vite. Il est venu me provoquer, encore une fois. À me narguer, m’insulter. Cette fois j’étais fatigué, j’ai pas réussi à controler ma colère. Il m’a poussé à bout, j’ai pris la bêche et je l’ai frappé au visage. J’ai pas calculé. C’est parti tout seul.

 

Le fils regarde son père cette fois sans dire un mot, la bouche entre ouverte. Il semble sonné, KO debout.

 

— Ne me dit pas qu’il est… Je veux dire… Non c’est pas possible, pas toi papa?
 — Écoute, je suis aussi choqué que toi de ce qu’il s’est passé. Je n’ai pas su me contrôler. Mais le mal est fait. Je ne peux pas revenir en arrière.
 — Il faut appeler la police, tout de suite et…
 — Non !, répond fermement le père. Personne n’appellera la police !
 — Quoi ? Mais t’es devenu fou? Bien sur qu’il faut les prévenir, tu viens de tuer quelqu’un ! Un être humain !

 

Il sort alors son téléphone et le déverrouille. Le père voyant la situation dégénérer tente de raisonner son fils.

— Fils, si tu m’aimes remet ce téléphone dans ta poche. Je t’en supplie. 

Le père regarde son fils, il est au bord des larmes. 

 — Je t’en supplie, je ne vais pas finir ma vie en prison pour une erreur.
— Papa, tu as tué un quelqu’un. Tu te rends comptes. Comment tu veux te sortir de cette situation. Et comment tu peux me mettre dans cette situation. On va tous les deux finir en prison !

 

Le papa sèche une larme et reprend ses esprits. C’est la première fois que le fils voir son père dans un tel état. Il dit à son fils.

 

— C’est pour cela que j’ai besoin de ton aide. Tout s’est passé ici, dans le cabanon. Il était déjà tard, nous… nous n’étions que tous les deux. Après l’avoir frappé, j’ai essayer de sentir son poux. J’ai compris que j’avais commis l’irréparable. Je l’ai ensuite mis dans ce sac poubelle, ça m’a pris deux heures, il est tellement lourd. Je suis épuisé. J’ai passé ensuite du temps à nettoyer, il y avait du sang partout dans le cabanon.
 — Arrête, c’est horrible, pourquoi est-ce que tu me mets dans ces histoires ?
 — Parce que tu es mon fils, parce que je te fais confiance aveuglement et tu es le seul qui puisse me sortir de cette situation.
 — Non, mais tu es complètement dingue, répond le fils en faisant les cents pas dans le cabanon.

 

À ce moment précis, le papa sait qu’il n’a d’autres choix que de convaincre son fils qu’ils seront désormais tous les deux liés à vie par ce terrible secret. Il leur est impossible de faire machine arrière. Même si le fils s’en va, il sera considéré comme le complice principal lorsque l’enquête rendra le père responsable.

 

— Fils, s’il te plait. Tu sais que j’ai toujours été là pour toi. À chaque fois que tu en avais besoin.
 — Arrête de me manipuler, tu crois vraiment que ça va fonctionner ? Là, c’est pas un service que tu me demandes !
 — Je ne te manipule pas, mais qui va prendre soin de tes frères et soeurs si je vais en prison ? De ta maman ? Je ne peux pas aller en prison. Je ne veux pas. J’ai besoin de toi fils. Il faut que tu me sortes de là.

 

Le fils se prend la tête dans les mains et continue à faire les cents pas sans dire un mot, il réfléchit et est perturbé. Son père, lui, reste sans bouger devant ce sac plastique noir gisant sur le sol.

 

— Écoute, dit le père. J’ai pensé à toutes les possibilités, il faut qu’on se débarrasse du corps.
 — Quoi, mais tu te moques de moi?? Se débarrasser du corps, mais on est pas dans un film là papa, c’est la vraie vie ! Qu’est-ce que tu racontes !
 — Fils, écoute moi, regarde moi…, regarde moi s’il te plait.

 

Le père saisit son fils par les épaules, ce dernier ne veut pas le regarder dans les yeux.

 

— Regarde-moi, je t’en prie. Regarde-moi, s’il te plait. Tu crois vraiment que cela me fait plaisir de t’embarquer dans cette situation. J’ai fais une erreur, je le sais. Mais je ne vais pas vous faire payer le prix à tous de cette erreur. Ce serait une double peine. Et puis, le vieux voisin est seul. Il a pas d’enfant, pas de femme, ni de famille. Il vivait dans son cabanon, seul, toute l’année. Tout le monde le croit fou, ils penseront qu’il a décidé de partir, voilà tout. Personne n’en saura rien. Que toi et moi.

 

Le fils relève la tête et regarde son père dans les yeux sans dire un mot. Son visage est rempli de peur et de dégoût.

 

 — Écoute-moi, s’il te plait. Il n’y a pas d’autres solutions. Il faut agir vite, le jour va bientôt se lever. Nous n’avons que quelques heures devant nous. On a pas beaucoup de temps. On va emmener le corps dans la foret où on allait se promener quand t’étais petit.

 

Le fils fait un pas en arrière et assène à son père.

 

— Arrête, je peux pas. Tu es en train de flinguer mon avenir. Non non moi je m’en vais. 

Alors que le fils se dirige vers la porte, son père l’empêche de sortir.
 — Qu’est-ce que tu vas faire, tu vas me mettre un coup de bêche à moi aussi ?
 — Arrête fils, reste, s’il te plait, je t’en prie. Tout seul je ne peux pas m’en sortir. Je t’en supplie.

 

Le fils, regarde son père pleurer, impuissant. C’est la première fois qu’il le voit dans cet état. Le père part s’assoier sur une chaise non loin du sac poubelle et cache son visage pour que son fils ne le voit pas pleurer plus. On n’entends que ses reniflements. Le père lui fait signe de partir s’il le souhaite. Il attendra ici, assis, l’arrivée de la police.

 

Le fils réfléchit et fait face au plus gros dilemme de sa vie. Il ouvre la porte, et part du jardin familial, rejoint la voiture et met la clé dans le contact. Il enclenche la première vitesse sans appuyer sur l’accélérateur. Il pleure lui aussi et crie de toute ses forces dans la voiture. Il coupe le contact et repart en direction du cabanon. Il ne peut pas abandonner son père dans cette situation. Le fils, une fois revenu dans le cabanon, regarde son père et lui demande ce qu’il veut qu’il fasse.

 

— Merci, fils, dit le père, son visage retrouve un semblant de couleurs. 
Écoute, je suis épuisé après l’avoir déplacé dans ce sac poubelle. Il fait au moins 120 kilos. Toi, tout seul tu ne vas pas pouvoir le porter et creuser seul le trou pour l’enterrer avant le lever du soleil. Et moi, je suis tellement fatigué que je ne peux pas t’aider. Appelle tes amis, ils vont venir nous aider. À plusieurs on peut régler cette histoire rapidement.
— Quoi ? 
 — Oui, appelle tes amis, tu m’as dis que si tu avais besoin ils viendraient t’aider.
 — Oui, c’est vrai, tu as raison.

 

Le fils parcourt son répertoire et contacte le premier. Qui ne répond pas. Puis le second, pareil, le fils tombe sur la messagerie vocale. Il parcourt de nouveau son répertoire et en appel un troisième, qui lui répond furieux que ce n’est pas une heure pour le déranger avant de raccrocher sans que le fils n’ait pu dire un mot. Il en appelle un quatrième, un cinquième, un sixième. Sans réponse, personne ne décroche. Et puis, arrivé au dixième numéro, une voix rassurante lui dit.

 

— Donne moi l’adresse par message. J’arrive.

 

Le fils annonce la nouvelle à son père, ce qui leur redonne espoir à tous les deux.
Trente minutes plus tard, alors que les deux sont assis sans se dire un mot, ils entendent un bruit de moteur qui se rapproche. Ils sortent tous les deux du cabanon en prenant soin d’éteindre la lumière pour se faire discret. Ils vont saluer l’ami du fils, qui demande sans se faire attendre des précisions sur ce qu’il se passe. 

 

Le père leur demande de le suivre, ils vont discuter dans le cabanon au calme.

 

Une fois là-bas, ils sont tous les trois devant le sac poubelle. Le père raconte ce qu’il s’est passé et le fils donne plus de détails. Tous les deux lui expliquent le plan. Amener le corps dans la voiture, le conduire dans la forêt et l’enterrer avant le lever du soleil. L’ami se prend la tête dans les mains, il ne dit pas un mot. Silence. Il reprend ses esprits avant de dire.

 

— D’accord, faisons vite. Si le vieil homme n’avait qu’un vélo, il faudra s’en débarrasser pour que aucuns soupçons ne se porte sur une possible disparition.

 

Les trois s’activent. Le père referme la porte du cabanon pendant que les deux autres peinent à porter le sac poubelle. Le père hâte le pas et les dépasse pour les devancer et ouvrir le coffre de la voiture. Les deux jeunes garçons y placent le corps non sans difficulté avant de refermer le coffre.

 

Tous les trois montent en voiture, le fils conduit, il connaît le chemin de cette forêt dont son père à fait mention. L’ami est assis derrière et le père aux côtés de son fils sur le siège passager. Pas un mot ne sera échangé pendant tous les trajet entre les trois, pas un seul. La peur se lit sur les visages.

 

Une fois arrivé sur le chemin amenant vers la forêt, le père guide les pas des deux autres avec une lampe torche. Le père porte deux pelles, les deux amis le corps, tous les quatre s’avancent dans la nuit. Le père s’arrête et décide d’une zone en retrait où personne ne vient se promener.

 

— C’est ici qu’on va l’enterrer.

 

Le fils et son ami se mettent au boulot sans perdre une minute. Le père éclaire la zone avec sa lampe torche, tandis que les deux amis s’épuisent à creuser le sol dur et aride. Une fois un trou assez grand creusé, le père leur demande de faire glisser le corps dans le trou. Ils s’exécutent. Ils sont désormais trois personnes impliquées dans le meurtre et la dissimulation du corps d’un vieil homme.

 

Le fils et son ami sortent du trou et commencent à recouvrir le sac poubelle avec le tas de terre qu’il viennent d’amasser.

 

— Arrête, fils. Arrêtez tous les deux ! crie le père.
 — Mais papa, on doit faire vite, il va faire jour dans moins d’une heure !
 — Non arrêtez je vous dis ! On ne peut pas faire cela !
 — Quoi ? Mais tu es fou !
 — Arrêtez je vous dis !

 

Les deux amis se regardent avant de se retourner vers le père.

 

— Ouvre le sac, fils.
 — Quoi ? Non jamais, je ne veux pas voir son visage comme cela !
 — Ouvre le sac, j’ai oublié un élément qui pourrait tous nous incriminer. Il faut lui enlever avant de l’enterrer.

 

Le fils négocie de longues minutes avant de s’exécuter. Il ouvre doucement le sac poubelle, ayant peur de ce qu’il va y trouver. Et puis, en ouvrant un peu plus le sac, il s’écrie.

 

— Quoi ? C’est quoi ça ? Un mouton ! Tu te moques de nous ?
 — Non fils, je ne me moque pas de vous, reprend le père, d’un ton sur de lui. Tu ne rêve pas, dans ce sac, j’y ai mis un vieux mouton qui est mort récemment. Ce n’est pas le voisin, que Dieu me préserve d’un erreur comme celle-ci.
 — Mais pourquoi est-ce que tu nous as menti ? Et pourquoi toute cette comédie ? Le fils est furieux, son père le coupe.
— Fils, je me devais de te donner une leçon. Toi qui crie haut et fort, chaque jour, chaque minute, chaque seconde que tu as des amis, beaucoup d’amis, je viens te de donner une leçon. Ce jeune homme, debout à côté de toi, lui et lui seul est ton véritable ami. Sache que dans la vie nous ne pouvons compter que sur quelques personnes. Tu pourras compter tes vrais amis sur les doigt d’une main. d’une seule. Crois-moi.

 

Le fils, assis sur le sol, prend quelques minutes avant de reprendre ses esprits. Il s’est calmé et il prend son père dans ses bras. L’ami, lui, reste complètement abasourdi par la situation. Tous les trois rebouchent le trou et repartent en direction du cabanon, avec le sac poubelle dans le coffre.

 

 

Conclusion

 

Cette histoire m’a suivi pendant toutes ces années. Par la suite, j’ai fait du tri dans mes relations amicales, ne gardant que les personnes qui me paraissaient être des personnes bienveillantes. J’ai développé un certain instinct qui me permet aujourd’hui de savoir en quelques minutes si la personne avec qui je parle pourra faire parti de mon cercle d’intimes ou pas. 

 

Lorsque j’analyserai plus tard en 2015 ce qu’est le storytelling, je compris que cette histoire avait été capitale pour mon parcours. J’ai aussi compris en me remémorant cette histoire l’impact profond que peut avoir le storytelling sur les habitudes, la productivité et les blocages mentaux.

 

Je suis en préparation d’une court métrage qui sera basé sur cette histoire, je vous mettrai le lien dans cet article dès que la vidéo sera prête.

 

Merci d’avoir lu jusque-là,
Wissame

 


 

J’ai beaucoup de choses à partager avec vous sur le pouvoir du storytelling et sur l’impact qu’il a sur mes habitudes, mes blocages mentaux et ma productivité. Pas de pubs. Pas de spams. Vous pourrez vous désincrire à n’importe quel moment.

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